VigiNewsVIGI NEWS
Analyse · Présidentielle 2027

Dernier débat de la primaire socialiste : sur BFM TV, dix fois plus d'antenne qu'ailleurs

Le jour du débat et le lendemain, BFM TV en a parlé dix fois plus que LCI et France Info, vingt fois plus que CNews. Aucune de ces trois chaînes n'en a diffusé le moindre extrait.

Dimanche 4 octobre, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal ont débattu pendant trois heures sur BFM TV, à cinq jours du premier tour de la primaire du Parti socialiste et de Place publique. VigiNews a transcrit le débat, puis suivi ce qu'en ont dit CNews, BFM TV, LCI et France Info. Voici ce que les candidats se sont dit, ce que les chaînes en ont retenu, et ce que les trois débats de la primaire révèlent des chaînes qui les organisent.

Publié le 16 min de lecturePar VigiNews
Les cinq candidats de la primaire : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal
De gauche à droite : Olivier Faure, photo Olivier Faure, CC BY-SA 2.0 ; Raphaël Glucksmann, photo Mathieu Delmestre, domaine public ; Jérôme Guedj, photo Audrey AK, 2010, CC BY-SA 2.0 ; Emmanuel Maurel, photo Tyseria, 2019, CC BY-SA 4.0 ; Ségolène Royal, photo Thestreamer, 2010, CC BY-SA 3.0. Via Wikimedia Commons.

Ce que nous avons mesuré

VigiNews transcrit en continu CNews, BFM TV, LCI et France Info. Le débat du 4 octobre était diffusé sur BFM TV : nous en avons donc la transcription intégrale, de l'ouverture vers 20 h 45 jusqu'aux conclusions, peu avant minuit. Nous avons aussi relevé, du 20 septembre au 6 octobre, toutes les phrases qui citent un des cinq candidats et toutes celles qui parlent d'un débat de la primaire. Pour mesurer ce que les chaînes disent d'un débat, et non le débat lui-même, les retransmissions sont écartées : celle du 23 septembre sur LCI, celle du 4 octobre sur BFM TV et sa rediffusion intégrale dans la nuit.

Les volumes sont rapportés à ce que chaque chaîne dit à l'antenne, en passages par million de caractères transcrits, pour comparer des chaînes qui ne parlent pas autant. Chaque phrase sur un candidat est classée par le modèle Jev, positive, négative ou neutre, comme sur notre page Présidentielle 2027. La personne qui parle n'entre pas en compte.

Partager cet article

La soirée du 4 octobre

C'était le troisième et dernier débat de la primaire, après celui de LCI le 23 septembre et celui de France 2 et France Inter le 1er octobre. Le vote a lieu vendredi 9 et samedi 10 octobre, en ligne, avec un second tour les 16 et 17 octobre si nécessaire. Plus de 140 000 personnes s'y étaient inscrites mardi matin, selon les chiffres cités sur LCI et France Info.

Sur le plateau, animé par Apolline de Malherbe et Maxime Switek, huit électeurs de gauche indécis sélectionnés par l'institut Elabe ont interrogé les candidats, et le quotidien Libération, partenaire de la soirée, a posé ses questions en fin d'émission. L'ordre de parole a été tiré au sort. Le pointage annoncé en cours d'émission donnait des temps de parole proches, de 20 à 24 minutes chacun.

Olivier Faure
Olivier Faure
PS
Premier secrétaire du Parti socialiste
22 min 22 de parole au pointage de BFM TV
Raphaël Glucksmann
Raphaël Glucksmann
Place publique
Député européen
23 min 34 de parole au pointage de BFM TV
Jérôme Guedj
Jérôme Guedj
PS
Député de l'Essonne
21 min 13 de parole au pointage de BFM TV
Emmanuel Maurel
Emmanuel Maurel
GRS
Député, Gauche républicaine et socialiste
20 min 04 de parole au pointage de BFM TV
Ségolène Royal
Ségolène Royal
PS
Ancienne ministre, candidate en 2007
23 min 29 de parole au pointage de BFM TV

Le débat s'est tenu dans un contexte chargé : la mobilisation des lycéens, avec une nouvelle journée de manifestation prévue le mardi, et l'affaire des propos antisémites attribués à Jordan Bardella, que Raphaël Glucksmann et Olivier Faure ont tous deux évoquée.

Quart d'heure par quart d'heure

Le graphique suit la part des phrases du débat qui relèvent de chaque grand thème, par tranche d'environ un quart d'heure. Les trois premiers quarts d'heure ont surtout porté sur la vidéo de Raphaël Glucksmann et sur La France insoumise, avant les lycéens, l'école et les retraites. Les questions des électeurs ont ensuite ouvert l'Ukraine, l'énergie, les familles monoparentales et les impôts, et celles de Libération l'immigration et François Hollande.

Part des phrases du débat consacrées à chaque thème, par quart d'heure (heures approximatives)

Honnêtement, vu de l'extérieur, il y avait quelque chose d'intéressant, parce que les débats sont toujours intéressants, mais une forme d'inversion dans la façon de poser les priorités. Moi, j'ai eu le sentiment pendant 40 minutes d'assister à un congrès du PS.
L'éditorialiste de Libération, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

En dehors des candidats eux-mêmes, le nom le plus prononcé est celui d'Emmanuel Macron, cité 29 fois, devant François Hollande et Vladimir Poutine (21 fois chacun) et Jean-Luc Mélenchon (20). Marine Le Pen n'est nommée que 9 fois, mais le Rassemblement national ou l'extrême droite reviennent 23 fois.

Personnalités citées pendant le débat, nombre de mentions

Partager cet article

Les échanges qui ont marqué la soirée

La vidéo et la « danse du ventre »

Dès l'introduction, les animateurs reviennent sur une vidéo publiée le week-end par Le Média, filmée lors d'une réunion de campagne, où Raphaël Glucksmann dit de Ségolène Royal qu'elle a fait « la danse du ventre » pour obtenir un poste d'Emmanuel Macron. Dans une autre, il emploie des termes vulgaires à propos de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon.

Venant de vous ça m'a particulièrement choquée, parce que c'est une agression en plus à connotation sexuelle.
Ségolène Royal, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
J'assume complètement ces propos. Je ne vais pas vous faire une Bardella. C'était moi sur cette vidéo. C'était ma voix.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Bon, d'abord, simplement pour clore le chapitre sur les vidéos, etc., je le dis à Raphaël, le plus simple, c'est de s'excuser.
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Olivier Faure fait lui aussi le rapprochement avec l'affaire du moment : si l'on invoque le cadre privé, dit-il, Jordan Bardella pourra dire la même chose des messages publiés par Mediapart. Raphaël Glucksmann finit par s'excuser.

Mais je suis vraiment désolé si ces propos ont été perçus comme étant sexistes. Moi, je suis opposé à toute forme de sexisme de manière radicale.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Alors vous savez, c'est comme dans les pièces de Feydeau, ça y est, on a purgé bébé, passons aux choses sérieuses.
Emmanuel Maurel, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Mélenchon, encore

La ligne de partage de la primaire est revenue dès les premières minutes : faut-il exclure tout accord avec La France insoumise ? Jérôme Guedj, qui avait ouvert la soirée en appelant les électeurs à trancher ce « désaccord durable » avec Olivier Faure, et Raphaël Glucksmann disent non. Olivier Faure leur reproche de ramener chaque débat à Jean-Luc Mélenchon, et lit le livre de Raphaël Glucksmann pour l'accuser d'envisager une alliance avec la droite.

Je refuse les compromissions avec la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Et je le dis, ce sujet dont nous reparlerons peut-être n'est pas tabou. Et Jean-Luc Mélenchon n'est pas Voldemort. Nous pouvons nommer qu'à gauche aujourd'hui, il est un boulet sur la perspective de victoire face au Rassemblement National.
Jérôme Guedj, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Et donc c'est facile de m'expliquer à moi ce que je n'ai jamais dit, que je ferais alliance avec la gauche radicale. Mais toi, tranquillement, tu écris que tu es prêt à faire alliance avec la droite.
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Je vais répondre évidemment parce que tu mens à l'instant Olivier.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Emmanuel Maurel, qui avoue n'avoir « pas eu le temps » de lire le livre de Jérôme Guedj, a posé à tous la question de l'après : une primaire loyale comme en 2011, ou une primaire de 2017, quand Benoît Hamon voyait chaque semaine un soutien partir chez Emmanuel Macron. Il s'est engagé à soutenir le vainqueur.

Les lycéens et la police

Le premier thème de fond, la mobilisation des lycéens, a fait entendre des réponses très différentes. Ségolène Royal assure qu'avec elle, il n'y aurait pas eu de mouvement social, ce qui lui vaut une pique d'Olivier Faure.

Je vais vous dire, avec moi, il n'y aurait pas eu les gilets jaunes, parce que j'aurais retiré tout de suite la taxe carbone.
Ségolène Royal, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Peut-être que Ségolène, tu as un peu poussé, parce que là, c'était un peu Wonder Woman
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Je serai mardi avec les lycéens dans la rue.
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Moi, Président, je donnerai de nouvelles consignes de maintien de l'ordre aux forces de police.
Jérôme Guedj, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Ce sont des enfants, des enfants. Et donc, on ne tire pas à bout portant sur des enfants, c'est point barre.
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Cette dernière phrase a été reprise le lendemain sur CNews, où des intervenants l'ont opposée aux violences visant policiers, pompiers et enseignants.

« C'est raté »

L'un des moments les plus commentés ensuite ne vient pas d'un candidat. Claire, psychologue de 68 ans, l'une des électrices indécises, prend la parole après les retraites.

Oui, alors si le but de ce débat, c'était de convaincre des abstentionnistes ou des gens qui sont découragés par la politique, je peux vous dire, c'est raté.
Claire, électrice indécise, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Je vais être très honnête et très direct. Je ne pense pas qu'on ait été au niveau là.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Et en disant cela, je pense qu'elle a déclenché quelque chose et elle a quand même un peu remis sur les rails ce débat qui était effectivement très mal parti.
Un commentateur, après le débat, BFM TV, lundi 5 octobre, 0 h 09

À la question de Claire sur leurs qualités, Ségolène Royal répond qu'elle est « une femme » et « une mère de famille », et promet que sur les violences sexuelles faites aux enfants, le problème sera « éradiqué en quelques mois ». Raphaël Glucksmann cite Montaigne, en prévenant qu'on va « encore » lui reprocher d'être vulgaire.

Et moi, à l'Élysée, il y aura inscrit un petit, on ne va pas gâcher les murs, mais cette phrase de Montaigne, on va encore me dire que je suis vulgaire, mais cette fois-ci c'est Montaigne, je m'abrite derrière Montaigne.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

L'Ukraine, la paix et le mot « sirupeux »

Sur l'Ukraine, Ségolène Royal plaide pour un « lieu permanent de négociation » et promet que les enfants des Français n'iront pas « se faire tuer en Ukraine ». Jérôme Guedj juge ce discours « un peu sirupeux » et parle de « paix munichoise ».

Je crois que sirupeuse, oui, c'est même sexiste, tu vois.
Ségolène Royal, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Je l'ai dit, ce serait une paix munichoise.
Jérôme Guedj, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Immigration et François Hollande

Les questions de Libération ont porté sur l'immigration, que la gauche aborde peu selon le journal, et sur François Hollande, absent de la primaire mais très présent dans la soirée.

Moi, je vais vous répondre tout de suite. Vous dire qu'évidemment, l'honneur de l'Europe a été représenté par Pedro Sanchez et qu'il a eu raison de régulariser les travailleurs sans papier et que nous devrons faire la même chose ici.
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Moi, je veux introduire la préférence travail plutôt que la préférence nationale.
Jérôme Guedj, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Vous savez, le cow-boy dans Lucky Luke qui mesure la taille de ceux qui vont se faire tirer par Lucky Luke avant pour savoir comment vont être les cercueils.
Olivier Faure, à propos de François Hollande, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Les conclusions

Déjà je voudrais vous remercier les panélistes, chers citoyens, d'être venus parce que vous avez sauvé ce débat.
Raphaël Glucksmann, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre
Parce que la fatalité, ça n'existe pas. Et la politique, c'est justement la lutte contre la fatalité. C'est même sa raison d'être.
Olivier Faure, débat de BFM TV, dimanche 4 octobre

Trois débats, trois diffuseurs

La primaire a compté trois débats télévisés, et chacun a d'abord été une affaire de la chaîne qui le diffusait. Sur la journée du débat et le lendemain, retransmission exclue, LCI a parlé du débat du 23 septembre 38,9 fois par million de caractères, plus que toute autre chaîne. France Info, chaîne du service public comme France 2 et France Inter qui diffusaient le débat du 1er octobre, en a parlé 65,4 fois, contre 15,4 sur BFM TV, 2,8 sur LCI et 2,1 sur CNews. Et BFM TV a parlé de son débat 56,6 fois par million de caractères, contre 5,5 sur France Info, 5,4 sur LCI et 2,5 sur CNews.

Passages consacrés à chaque débat le jour même et le lendemain, retransmission exclue, par million de caractères transcrits

CNews, qui n'a organisé aucun débat, est la chaîne qui en a le moins parlé les 1er et 4 octobre. Le 23 septembre, elle en avait davantage parlé, plus que BFM TV, en retenant surtout la fracture sur La France insoumise.

Une scission plus ou moins nette est apparue lors du premier débat de la primaire hier soir au PS.
CNews, jeudi 24 septembre, 18 h 30

Passages consacrés aux débats de la primaire, jour par jour, par million de caractères transcrits

Je pense que Raphaël Glucksmann, en simplement ne perdant pas ce débat, a conforté sa position de favori.
France Info, jeudi 1er octobre, 23 h 23
Partager cet article

Le lendemain, chaîne par chaîne

Nous n'avons retrouvé aucun extrait du débat de BFM TV à l'antenne de CNews, de LCI ou de France Info. Ces trois chaînes en ont parlé, brièvement, sans en diffuser une phrase.

BFM TV

La chaîne a enchaîné sur une émission d'analyse, puis rediffusé le débat en intégralité dans la nuit. Lundi, ses journaux en ont diffusé des extraits au moins six fois, de 6 h 19 à 18 h 27, avec, pour l'essentiel, les mêmes séquences : la vidéo et les excuses de Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal et les gilets jaunes, la pique « Wonder Woman » d'Olivier Faure, et Jean-Luc Mélenchon. Sur son plateau, dès la fin du débat, les commentateurs ont désigné deux gagnants absents de la soirée, Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, et un perdant.

Oui, et donc tous les deux rêvaient d'une primaire qui capote. Eh bien, ce soir, les cinq candidats leur ont fait ce cadeau. C'est-à-dire qu'ils ont tué la primaire.
Guillaume Tabard, à propos de Jean-Luc Mélenchon et François Hollande, BFM TV, dimanche 4 octobre, 23 h 53
Pour le reste, je n'ai pas vu vraiment de vainqueur émerger. J'ai vu plutôt un perdant en la personne de Raphaël Glucksmann
BFM TV, lundi 5 octobre, 0 h 09
On a aussi parfois eu l'impression d'un plateau scindé en deux. Avec les outsiders, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, dans le rôle des bons élèves, fair play.
BFM TV, lundi 5 octobre, 18 h 27

LCI

LCI a résumé la soirée dans son éditorial du lundi matin, centré sur Raphaël Glucksmann, et reçu Olivier Faure le soir même.

On savait que cette primaire allait tourner à tout sauf Glucksmann, à Haro sur Glucksmann. C'est normal, il est le favori. Mais on n'avait pas prévu que Glucksmann attaquait Glucksmann.
LCI, lundi 5 octobre, 7 h 25
C'est dommage surtout pour Raphaël Glucksmann qui est le favori, qui sortira peut-être vainqueur mais vainqueur cabossé.
LCI, lundi 5 octobre, 8 h 12
Sur ce sujet majeur, le sujet de toutes les zizanies, eh bien, il a marqué un point, Raphaël Glucksmann.
LCI, lundi 5 octobre, 8 h 12

CNews

CNews a fait du débat un sujet de son journal du matin, puis un sujet de commentaire : un éditorial qui distribue les bons et les mauvais points, et des échanges sur la phrase d'Olivier Faure à propos des lycéens.

Raphaël Glucksmann a été visé par de nombreuses attaques. Oui, c'était le punching ball de la soirée.
CNews, lundi 5 octobre, 6 h 26
Ségolène Royal parle d'elle comme si jadis elle avait franchi le pont d'Arcole
CNews, lundi 5 octobre, 9 h 03
Alors, celui que j'ai trouvé excellent, et je le dis sans ironie à chacun de ces trois débats, ce fut Emmanuel Maurel.
CNews, lundi 5 octobre, 9 h 03
Mais certains diront, Hélène, et encore hier, dans le débat de la primaire de la gauche, que le problème, c'est la police.
CNews, lundi 5 octobre, 11 h 45

France Info

France Info a peu parlé du débat de BFM TV. La chaîne a surtout vérifié, dans un « vrai ou faux », une attaque venue du camp de Raphaël Glucksmann contre la gestion de la région Poitou-Charentes par Ségolène Royal. La candidate était l'invitée de la chaîne mardi matin.

On vérifie ce tacle venu d'un soutien de Raphaël Glucksmann.
France Info, lundi 5 octobre, 7 h 40
Oui, sauf que contrairement à ce que dit Ségolène Royal, on trouve plusieurs prêts 6F, donc classés à très haut risque, souscrits après 2004, quand elle était déjà présidente de la région.
France Info, lundi 5 octobre, 8 h 00

Les candidats à l'antenne

Du 20 septembre au 6 octobre, retransmissions exclues, Raphaël Glucksmann est le candidat le plus cité, avec 1 172 passages, devant Ségolène Royal (941) et Olivier Faure (731). Jérôme Guedj (344) et Emmanuel Maurel (266) restent loin derrière. Chaque débat fait monter les compteurs, le premier plus que les suivants : 966 passages les 23 et 24 septembre, 690 les 1er et 2 octobre, 553 les 4 et 5 octobre.

Passages sur chaque candidat, jour par jour, sur les quatre chaînes, retransmissions exclues

Rapporté au temps d'antenne, CNews est la chaîne qui parle le moins des cinq candidats. Emmanuel Maurel n'y apparaît que 7 fois en dix-sept jours, contre 100 fois sur LCI.

Passages sur chaque candidat, par million de caractères transcrits, du 20 septembre au 6 octobre

Le ton change aussi selon la chaîne. Sur CNews, 38 % des passages sur Olivier Faure sont négatifs, et aucun n'est positif, contre 19 % à 24 % de passages négatifs sur les trois autres chaînes. Ségolène Royal y est aussi la plus critiquée : 46 % de passages négatifs, contre 21 % à 32 % ailleurs. Raphaël Glucksmann y reçoit à la fois le plus de critiques (35 %) et le plus d'éloges (18 %). Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, moins exposés, sont aussi beaucoup moins critiqués : 5 % de passages négatifs chacun, toutes chaînes confondues.

Part des passages négatifs sur chaque candidat, par chaîne, du 20 septembre au 6 octobre

Après le débat, le ton sur Raphaël Glucksmann s'est durci sur BFM TV et sur LCI : 42 % et 46 % de passages négatifs du dimanche soir au mardi matin, sur 48 et 22 passages, contre 24 % et 20 % sur l'ensemble de la période.

Partager cet article

Ce que ces chiffres disent, et ce qu'ils ne disent pas

Ces données mesurent ce qui se dit à l'antenne. Elles ne disent pas qui a gagné le débat : VigiNews ne se prononce pas sur le fond. Nous ne mesurons pas non plus le temps de parole : nos transcriptions ne distinguent pas les voix. Les temps cités sont ceux du pointage annoncé par BFM TV en cours d'émission, et nous n'attribuons une phrase du débat à un candidat que lorsque l'animateur lui donne la parole juste avant, qu'une chaîne l'attribue en la rediffusant, ou que la phrase désigne son auteur sans ambiguïté.

Les transcriptions déforment souvent les noms : « Jérôme Gage » pour Jérôme Guedj, « Emmanuel Morel » pour Emmanuel Maurel. Nous les avons rétablis dans les comptes et dans les citations. Nos enregistrements successifs se chevauchent en partie : les phrases répétées pour cette raison sont comptées une seule fois. Les heures indiquées sont celles du quart d'heure enregistré, à un quart d'heure près. Le classement des phrases est automatique, et une phrase isolée peut être mal classée.

Le constat tient en trois points. Chaque chaîne a d'abord parlé du débat qu'elle diffusait, et celui de BFM TV n'a presque pas eu d'écho ailleurs. Le récit retenu de la soirée tient en une vidéo, celle de Raphaël Glucksmann, et en une question, celle de La France insoumise. Et CNews, qui parle le moins des candidats de la primaire, est celle qui en parle le plus durement.

Tous les chiffres sont issus des données de VigiNews, du 20 septembre au 6 octobre 2026 au matin. Voir aussi notre article sur la primaire du PS à l'antenne, le classement hebdomadaire des candidats et la page Présidentielle 2027.

Partager cet article

Source à citer : VigiNews, vigi.news. Les extraits sont des transcriptions automatiques de propos tenus à l'antenne ; ils peuvent contenir des erreurs de transcription et n'identifient pas la personne qui parle.