Jean-Luc Mélenchon, le candidat le plus critiqué des chaînes d'infos
Deuxième candidat le plus cité après Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon est aussi celui dont on parle le plus mal : 32,7 % de mentions négatives, un record parmi les candidats. Mais l'écart entre chaînes est le fait marquant. Sur CNews, 46 % des mentions sont négatives ; sur France Info, 25 %. Analyse chiffrée, extraits à l'appui.

Le deuxième candidat le plus cité, le premier de la gauche
Du 1er mars au 23 septembre 2026, VigiNews a relevé 19 966 mentions de Jean-Luc Mélenchon dans les transcriptions de CNews, BFM TV, LCI et France Info. C'est 16 % de toutes les mentions de candidats à la présidentielle, loin derrière Marine Le Pen (30 313 mentions, 24 %) mais nettement devant Jordan Bardella (15 221) et Édouard Philippe (14 415). À gauche, personne n'approche : François Hollande, deuxième, est cité trois fois moins.
Chaque chaîne ne lui accorde pas la même place. France Info fournit à elle seule un tiers de ses mentions (32 %), CNews un quart (27 %). Mais rapporté à ce que chaque chaîne dit de l'ensemble des candidats, c'est CNews qui parle le plus de lui : 19,1 % des mentions de candidats sur CNews le concernent, contre 17 % sur LCI, 14,9 % sur BFM TV et 14,4 % sur France Info.
Part des mentions de candidats consacrée à Jean-Luc Mélenchon, par chaîne
Le candidat dont on parle le plus mal
Chaque mention est classée positive, neutre ou négative envers le candidat, quelle que soit la personne qui parle. Sur l'ensemble de ses mentions, 32,7 % sont négatives et 12,8 % positives. Aucun autre candidat cité plus de 1 000 fois n'atteint ce niveau : Olivier Faure est à 27,9 % de mentions négatives, François Hollande à 25,9 %, Éric Zemmour à 23,9 %, Édouard Philippe à 21,9 %, Gabriel Attal à 21,8 %.
Part de mentions négatives, candidats cités plus de 1 000 fois
Le commentaire politique des chaînes d'infos est critique envers tout le monde : tous les candidats ont plus de mentions négatives que positives. Ce qui distingue Jean-Luc Mélenchon, c'est l'ampleur, et surtout l'écart entre les chaînes.
CNews : près d'une mention sur deux est négative
C'est le résultat le plus net de cette analyse. Sur CNews, 46,2 % des mentions de Jean-Luc Mélenchon sont négatives, et 9,1 % seulement positives. Sur BFM TV, 29,5 % sont négatives ; sur LCI, 30,3 % ; sur France Info, 25,1 %. L'écart entre CNews et les trois autres chaînes réunies atteint 18 points.
Mentions de Jean-Luc Mélenchon, par chaîne
| Chaîne | Mentions | Positives | Négatives | Neutres |
|---|---|---|---|---|
| CNews | 5 372 | 9,1 % | 46,2 % | 44,7 % |
| BFM TV | 4 606 | 13,6 % | 29,5 % | 56,9 % |
| LCI | 3 561 | 14,4 % | 30,3 % | 55,3 % |
| France Info | 6 427 | 14,5 % | 25,1 % | 60,4 % |
| Toutes chaînes | 19 966 | 12,8 % | 32,7 % | 54,5 % |
Cet écart ne dépend ni de l'heure ni de la saison. Sur CNews, la part de mentions négatives est de 46 % le matin, 47 % l'après-midi, 47 % en soirée. Elle n'est jamais descendue sous 36 % un seul mois depuis mars, alors que sur France Info elle est tombée à 18 % en juillet et en août.
Jean-Luc Mélenchon n'est pas le seul dans ce cas : Marine Tondelier (+22 points sur CNews par rapport aux autres chaînes), Olivier Faure (+19), Ségolène Royal (+19), Fabien Roussel (+14) et Raphaël Glucksmann (+13) subissent le même traitement différencié. À l'inverse, Éric Zemmour (−9), Bruno Retailleau (−7) et Jordan Bardella (−4) sont moins critiqués sur CNews qu'ailleurs. Mais avec 5 372 mentions, Jean-Luc Mélenchon est de loin celui sur qui le phénomène pèse le plus.
Voici comment cela se dit à l'antenne de CNews. Les extraits sont des transcriptions automatiques ; ils n'identifient pas la personne qui parle, journaliste ou invité.
Mais on voit très bien dans la rhétorique de Jean-Luc Mélenchon qu'aujourd'hui, le juif, c'est le nazi d'aujourd'hui.
C'est-à-dire que Mélenchon non seulement est un homme du ressentiment, c'est l'homme du ressentiment.
Mais surtout ce qui est frappant avec Mélenchon, c'est que ce manipulateur me fait penser à ce que disait un député socialiste allemand en 1932 au Reichstag.
Oui, mais on a Jean-Luc Mélenchon qui continue à jouer au pyromane et moi je trouve qu'on n'arrive absolument plus à le suivre.
Mélenchon où transpiraient, disons-le, la haine, la rancœur et le ressentiment et la colère.
Mélenchon, c'est que du fait de son théâtre antifasciste permanent, il a perdu ses électeurs.
Il me semble avoir lu dans plusieurs sondages que Jean-Luc Mélenchon était l'homme politique le moins aimé, ou pour ne pas dire le plus détesté.
De la mythomanie absolue, pour un féru d'histoire, évidemment il se force, parce qu'il est très cultivé Jean-Luc Mélenchon, il sait très bien qu'il ment.
Ça fait quelques années qu'il a vrillé, Jean-Luc Mélenchon, là-dessus, sur la manière de parler, sur la violence, la manière de s'adresser à ses adversaires.
Mars 2026 : le mois où toutes les chaînes ont basculé
L'écart entre CNews et les autres chaînes n'a pas toujours été aussi net. En mars 2026, la tonalité était négative partout : 49 % de mentions négatives toutes chaînes confondues, 57 % sur CNews, mais aussi 45 % sur BFM TV, 47 % sur LCI et 43 % sur France Info. Les transcriptions de ce mois-là tournent autour de deux sujets : des propos de Jean-Luc Mélenchon dénoncés comme antisémites, y compris par le Parti socialiste, et la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars, où la question des alliances avec La France insoumise s'est posée ville par ville.
Ce mois-là, les critiques les plus dures ne viennent pas de CNews.
On ne pourra pas être cette digue face au Rassemblement national avec le boulet de Jean-Luc Mélenchon au pied.
Quand Jean-Luc Mélenchon joue avec des sous-entendus qui réveillent les pires imaginaires antisémites, c'est un choix, pas une maladresse.
Mélenchon, très machiavélique, et c'est vraiment l'apprenti sorcier.
Mais effectivement, il y a énormément d'outrances dans les propos de Jean-Luc Mélenchon ces derniers temps.
Dans ce cas-là, Jean-Luc Mélenchon est l'un des pires candidats possibles pour le camp de la gauche.
Si Damien Maudet à Limoges et si François Piquemal à Toulouse n'avaient pas dû supporter le poids de Jean-Luc Mélenchon, de ses outrances, de ses dérives antisémites, ils auraient gagné à Toulouse et à Limoges.
À partir d'avril, les courbes se séparent. Sur BFM TV, LCI et France Info, la part de mentions négatives retombe entre 18 % et 31 % selon les mois. Sur CNews, elle reste entre 36 % et 52 %. En juin, l'écart atteint 29 points entre CNews (51 %) et France Info (22 %).
Part de mentions négatives, mois par mois
| Mois | Mentions | CNews | BFM TV | LCI | France Info |
|---|---|---|---|---|---|
| Mars | 2 921 | 57 % | 45 % | 47 % | 43 % |
| Avril | 1 105 | 52 % | 30 % | 24 % | 34 % |
| Mai | 2 803 | 36 % | 26 % | 30 % | 24 % |
| Juin | 1 665 | 51 % | 29 % | 28 % | 22 % |
| Juillet | 1 621 | 38 % | 32 % | 30 % | 19 % |
| Août | 5 786 | 44 % | 27 % | 27 % | 18 % |
| Septembre | 4 065 | 42 % | 29 % | 29 % | 22 % |
Ce qui se dit de positif, et où
Les mentions positives existent : 2 563, soit 12,8 % du total. Elles viennent d'abord de France Info (933), puis de BFM TV (627), de LCI (514) et enfin de CNews (489). Elles portent presque toujours sur le même registre : le candidat de campagne, le tribun, la capacité à mobiliser.
Eh bien, aujourd'hui, force est de constater que Jean-Luc Mélenchon réussit à l'occasion de ce premier tour des municipales un coup de maître.
Jean-Luc Mélenchon est un homme qui a relevé la gauche au moment où elle était à terre après le quinquennat de François Hollande.
Alors, on a dit, évidemment, Jean-Luc Mélenchon, orateur hors pair, il a beaucoup de leviers.
Moi, ce que je crois, c'est que Jean-Luc Mélenchon, à la fois a des qualités évidentes, c'est un tribun, il a un charisme que personne ne lui enlève.
Je pense qu'ils seraient mieux inspirés de passer leur temps à concentrer leurs coups contre l'extrême droite, contre le pouvoir macroniste, plutôt que d'essayer d'affaiblir Jean-Luc Mélenchon, dont la dynamique, je crois, est assez incontestable.
Même sur CNews, la reconnaissance du stratège apparaît, le plus souvent chez des invités.
En fait, la stratégie politique qu'a mis en place et que développe le parti de Mélenchon, c'est une stratégie gagnante à gauche.
Franchement, j'ai écouté hier Jean-Luc Mélenchon au 20h, c'était extraordinaire.
Quatre journées à part
Le 4 mai 2026, jour où il annonce sa candidature au 20 h, Jean-Luc Mélenchon est cité 615 fois, dont la moitié sur France Info. La couverture est surtout factuelle : 53 % de mentions neutres, 31 % de négatives.
Le 23 mars, lendemain du second tour des municipales, 583 mentions : c'est la journée la plus dure de la période, avec 48 % de mentions négatives, le bilan des alliances avec LFI étant tiré ville par ville.
Le 23 août est son record absolu : 1 291 mentions en une journée, et 2 816 sur la semaine du 24 août. Les transcriptions de ces journées tournent autour de sa rentrée politique dans la Drôme et d'échanges à distance avec Édouard Philippe sur Mayotte. La couverture est massive mais peu tranchée : 61 % de neutres, 25 % de négatives, 14 % de positives. Fait notable, CNews n'y contribue que pour 89 mentions sur 1 291 : ce jour-là, c'est la chaîne qui parle le moins de lui.
Donc Jean-Luc Mélenchon, il ferait bien d'être un petit peu plus humble et un peu plus petit, enfin davantage concret sur le sujet.
Le 5 septembre, à la braderie de Lille, 546 mentions, dont 66 % de neutres : les chaînes annoncent et suivent son discours en direct.
Un duel installé avec Marine Le Pen
Quand Jean-Luc Mélenchon est cité dans une phrase avec un autre candidat, c'est d'abord avec Marine Le Pen : 1 094 fois, plus du double d'Édouard Philippe (451), puis Jordan Bardella (297), Raphaël Glucksmann (291) et Gabriel Attal (271). Le duel avec le Rassemblement national structure la façon dont les chaînes parlent de lui, bien plus que la compétition à gauche : Olivier Faure n'apparaît qu'à 139 reprises à ses côtés.
Ses mentions se concentrent aux heures des grandes tranches d'information : 19 h est son heure la plus dense (1 825 mentions), puis 20 h, 9 h et 8 h.
Ce que ces chiffres disent, et ce qu'ils ne disent pas
Ces données mesurent ce qui se dit à l'antenne, pas qui le dit. Une critique formulée par un invité compte comme une critique formulée par un journaliste, parce que le choix des invités fait partie de la ligne d'une chaîne. Elles ne disent pas non plus si les critiques sont fondées : elles constatent un ton.
Le constat, lui, est robuste. Il repose sur près de 20 000 mentions et se vérifie mois après mois, à toute heure de la journée. Jean-Luc Mélenchon est le candidat dont les chaînes d'infos parlent le plus négativement, et CNews en parle bien plus négativement que les trois autres. L'écart de 18 points est l'un des plus élevés que nous mesurons, tous candidats confondus.
Tous les chiffres de cet article, et ceux des autres candidats, sont mis à jour chaque nuit sur la page Présidentielle 2027. La méthode complète y est décrite.
Source à citer : VigiNews, vigi.news. Les extraits sont des transcriptions automatiques de propos tenus à l'antenne ; ils peuvent contenir des erreurs de transcription et n'identifient pas la personne qui parle.