Après le 17 octobre, CNews la plus dure avec LFI et la plus douce avec le RN
Après les violences du 17 octobre, La France insoumise a été mise en cause sur les quatre chaînes d'information, et le RN beaucoup moins critiqué. Mais CNews va plus loin que les autres : deux mentions de LFI sur trois y sont négatives, et aucun responsable insoumis n'y a été invité en sept jours, contre neuf du RN.
Samedi 17 octobre, la journée de mobilisation contre la vie chère a tourné à l'émeute dans plusieurs villes. Dès le soir, le gouvernement, la droite et le RN ont désigné La France insoumise comme responsable, au moins moralement, des violences. Comment les chaînes d'information ont-elles parlé de LFI et du RN pendant la semaine qui a suivi ? Sont-elles complaisantes avec l'un, systématiquement à charge contre l'autre ? VigiNews a relevé et classé chaque phrase qui nomme l'un des deux partis, du samedi 17 au vendredi 23 octobre au matin.

En bref
- Sur les quatre chaînes, LFI au banc des accusés. Sur la période, La France insoumise a été citée 1,8 fois plus que le RN à propos du 17 octobre, et bien plus durement : de 43 % de mentions négatives sur France Info à 67 % sur CNews. Partout, le premier reproche est d'avoir encouragé ou excusé les violences.
- CNews est la seule chaîne à charge tous les jours. Deux mentions de LFI sur trois y sont négatives, soit 15 pour une positive, et la part n'est jamais descendue sous la moitié, du samedi au jeudi. En sept jours, CNews n'a reçu aucun responsable insoumis, mais neuf du RN.
- Le RN est bien moins critiqué partout, et le mieux traité sur CNews. Sur chaque chaîne, moins d'une mention sur quatre est négative. Sur CNews, on compte 14 % de mentions positives pour 19 % de négatives, et le RN y apparaît plus souvent comme le parti de l'ordre ou comme une cible que comme un parti qui profite de la crise.
- France Info est la plus équilibrée, sans être complaisante avec LFI. C'est la chaîne qui laisse le plus de place à la défense des insoumis et qui souligne le plus que le RN tire profit des violences. Mais même sur France Info, les mentions critiques de LFI sont 3,6 fois plus nombreuses que les positives.
- Partout, le même partage des rôles. Dans les interviews, on interroge les invités du RN sur la réponse du gouvernement, et ceux de LFI sur leur propre responsabilité. Depuis le 17, toutes les chaînes parlent plus mal de Jean-Luc Mélenchon, et moins mal de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, qu'avant.
Ce que nous avons mesuré
VigiNews transcrit en continu BFM TV, LCI, France Info et CNews. Du samedi 17 octobre à minuit au vendredi 23 octobre à 9 h, nous avons relevé chaque phrase qui nomme La France insoumise ou le Rassemblement national. Un parti peut être nommé par son nom, son sigle, ses adjectifs (insoumis, lepéniste) ou l'une de ses figures, de Jean-Luc Mélenchon à Manuel Bompard, de Marine Le Pen à Sébastien Chenu. Une phrase qui nomme les deux partis compte une fois pour chacun. Une phrase reprise à l'identique par une boucle d'information ne compte qu'une fois. Au total, nous avons relevé 8 174 mentions.
Chaque mention a ensuite été classée automatiquement, avec le modèle qui sert à notre page Présidentielle, à partir de la phrase et de ce qui l'entoure. Le modèle répond à trois questions :
- La phrase parle-t-elle du 17 octobre, de ses violences ou de leurs suites politiques ?
- Quelle image donne-t-elle du parti : négative, positive ou neutre ?
- Quel rôle lui prête-t-elle face aux violences ?
5 655 mentions se rapportent au 17 octobre et à ses suites : 3 626 pour LFI, 2 029 pour le RN. Tous les chiffres de cet article portent sur ces mentions.
Comme sur l'ensemble du site, une phrase compte de la même façon quelle que soit la personne qui parle : journaliste, chroniqueur, invité, adversaire ou membre du parti. Le choix des invités fait partie de la ligne d'une chaîne. C'est pourquoi nous avons aussi compté, en lisant les transcriptions, les responsables de LFI et du RN reçus en plateau ou en duplex.
Notre enregistreur de CNews était en panne jusqu'au dimanche 18 octobre à 12 h 48. Pour le samedi et le dimanche matin, nous avons transcrit les treize émissions complètes et les extraits que la chaîne a elle-même mis en ligne.
Une semaine de mise en cause
Le contexte compte pour lire ces chiffres. Samedi 17 octobre au matin, sur France Info, le maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko, déclare : « La violence peut être légitime, mais elle doit être évitée. » Dans la journée, Jean-Luc Mélenchon écrit que « le désordre est organisé par le préfet », puis, le soir, que ceux qui partagent son combat « n'ont rien à faire dans le pillage ». Après les pillages et l'incendie de l'hôtel de ville de Limoges, le Premier ministre lui demande de « choisir son camp ». Dimanche, Marine Le Pen fait de LFI la « branche politique » des casseurs. Lundi, en conférence de presse, Jordan Bardella qualifie l'ultragauche de « branche armée » du mouvement insoumis.
Lundi soir, Mediapart publie le témoignage d'un commissaire du renseignement territorial, qui dit avoir reçu pour consigne de désigner LFI comme responsable. Mardi, Manuel Bompard annonce qu'il saisit la Cour de justice de la République contre le ministre de l'Intérieur. Les questions au gouvernement tournent à l'affrontement entre Sébastien Lecornu et Mathilde Panot. Jeudi, le Premier ministre reçoit les partis à Matignon, sans Marine Le Pen ni Jordan Bardella. Toute la fin de semaine est tournée vers le samedi 24 : une nouvelle journée de mobilisation, et le congrès du RN à Orléans, contre lequel une cinquantaine d'organisations appellent à manifester.
Autrement dit, c'est LFI que le gouvernement, la droite et l'extrême droite ont mise en cause, et c'est autour de propos d'élus insoumis que le débat s'est noué. Les chaînes ont rendu compte de ce débat. La question est de savoir comment, et si elles l'ont fait de la même façon.
Partout, LFI au banc des accusés
Sur les quatre chaînes, La France insoumise est le parti dont on parle à propos du 17 octobre : 104 mentions par million de caractères transcrits sur CNews, 105 sur France Info, 98 sur LCI, 81 sur BFM TV. C'est 1,8 fois plus que le RN en moyenne, et 2,2 fois plus sur CNews.
Et LFI est d'abord critiquée. Plus d'une mention sur deux est négative sur BFM TV (54 %) et sur LCI (53 %), plus de quatre sur dix sur France Info (43 %). Pour le RN, la part de mentions négatives va de 19 % à 25 % selon les chaînes. Aucune chaîne ne parle de LFI plus favorablement que du RN.
Mentions négatives et positives de LFI et du RN, liées au 17 octobre (en % des mentions de chaque parti sur chaque chaîne ; le reste est neutre)
Le reproche est presque toujours le même : avoir encouragé, excusé ou couvert les violences. C'est le cas de 41 % des mentions de LFI sur BFM TV, 39 % sur LCI et 33 % sur France Info. Il est porté par des responsables politiques, des chroniqueurs et parfois les journalistes eux-mêmes.
Vous avez une formation politique, la France insoumise, qui par ses déclarations depuis plusieurs mois maintenant, a légitimé une forme de violence.
Moi je dis qu'en effet, cette manifestation, quand elle est organisée par LFI, il n'y a pas de surprise dans le fait qu'elle se termine par la violence.
Je crois que Jean-Luc Mélenchon prône, sans le dire ouvertement, parce qu'il est habile, une forme de sédition avec la République, ou en tout cas avec les symboles de la République.
Je pense que ceux qui portent une lourde responsabilité dans toutes ces violences actuelles, c'est la France insoumise, par leur façon de parler, par leur façon de dire.
Quand j'ai Jean-Luc Mélenchon qui dit abattez la citadelle, quand il y a Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qui dit la violence peut être légitime, ces maires-là, vos alliés, monsieur, sont complices de cette situation.
CNews, à charge du premier au dernier jour
Sur CNews, l'écart avec les autres chaînes est net. 67 % des mentions de LFI liées au 17 octobre sont négatives, et 4,4 % seulement positives : 15 critiques pour un éloge, contre 7 pour 1 sur BFM TV, 8 pour 1 sur LCI et 4 pour 1 sur France Info. La moitié des mentions (52 %) présentent LFI comme complice ou instigatrice des violences.
Surtout, c'est constant. Sur les autres chaînes, la part de mentions négatives varie fortement d'un jour à l'autre : elle culmine partout le lundi 19, puis redescend, jusqu'à 36 % sur BFM TV et 28 % sur France Info certains jours. Sur CNews, elle n'est jamais descendue sous 51 %, du samedi au jeudi. C'est le seul cas, sur les quatre chaînes, où l'on peut parler d'un traitement à charge sans interruption.
Part des mentions négatives, jour par jour (en %, jours d'au moins 15 mentions)
Une partie des chiffres du samedi et du dimanche vient des émissions que CNews a mises en ligne, souvent des émissions de débat. Mais l'écart demeure sur les seuls jours enregistrés en direct, du lundi 19 au vendredi 23 : 62 % de mentions négatives de LFI sur CNews, contre 56 % sur LCI, 54 % sur BFM TV et 44 % sur France Info.
Jean-Luc Mélenchon, il cautionne les slogans insultants contre les policiers
Et Jean-Luc Mélenchon a une responsabilité très lourde dans ces violences.
Il faut le grand parti qui a la vitrine légale de la révolution, LFI.
La réalité, c'est que la France insoumise est main dans la main avec tous ceux qui veulent la destruction de notre pays.
Sur CNews, les mentions favorables à LFI sont rares : des démentis d'insoumis rapportés par la chaîne, quelques invités opposés à une interdiction du parti, des commentaires sur sa résistance dans les sondages. Sur les autres chaînes, la défense de LFI passe aussi par des invités qui n'en sont pas membres.
Jean-Luc Mélenchon, je ne pense pas que c'est lui qui a organisé des pillages dans Paris.
Depuis quelques jours, moi, ça me met hors de moi d'entendre les politiques ne parler que d'une chose, parce qu'ils ont un intérêt, c'est de casser LFI.
Le RN moins critiqué, surtout sur CNews
Le RN, lui, est peu critiqué, et d'abord pour une raison : on lui reproche rarement quoi que ce soit dans les violences elles-mêmes. Sur chaque chaîne, moins d'une mention sur vingt l'accuse de les avoir encouragées. Les critiques portent sur autre chose : le profit politique qu'il en tirerait.
C'est là que les chaînes divergent. Sur France Info, 33 % des mentions du RN liées au 17 octobre le présentent comme le bénéficiaire de la crise, voire comme un parti qui l'exploite. C'est 19 % sur LCI, 13 % sur BFM TV, et 10 % seulement sur CNews.
Et c'est vrai que, si on était un peu cynique, on se dit que, clairement, l'intérêt politique, il est assez évident pour le Rassemblement national dans cette situation.
Donc voilà aujourd'hui une récupération politique de la part du RN qui est très claire quand même.
Il y a une tentative de récupération très clairement par Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Et les gens qui ont le plus le discours de l'ordre, jusqu'à l'outrance et jusqu'à l'exagération et jusqu'à des propositions qui n'en sont pas, c'est le Rassemblement national.
Sur CNews, le RN apparaît plus souvent qu'ailleurs comme le parti de l'ordre (13 % des mentions) ou comme une cible (10 %), notamment des manifestants qui veulent empêcher son congrès d'Orléans. On y compte 14 % de mentions positives du RN pour 19 % de négatives ; sur les trois autres chaînes, les négatives sont au moins deux fois plus nombreuses que les positives. Une partie de ces mentions positives vient des responsables du RN invités sur le plateau.
Rôle prêté à chaque parti face aux violences (en % des mentions liées au 17 octobre)
Je n'ai pas entendu Marine Le Pen exhorter des hordes à s'interposer, à passer à l'acte.
Ça m'a fait du bien de retrouver mes frères d'armes pour leur dire toute la reconnaissance et le soutien que nous leur apportons avec Marine Le Pen, Jordan Bardella et moi-même.
Mais ce que je veux dire, c'est que vous n'aurez la fermeté qu'avec Marine Le Pen.
Le RN n'y échappe pas toujours à la critique : CNews a aussi reçu des invités qui renvoient dos à dos les deux partis.
Parce que hormis le Rassemblement National et la France Insoumise qui, évidemment, jettent de l'huile sur le feu, Tous ces gens-là ont été au pouvoir depuis 10 ans pour les macronistes, et j'ajoute la droite, depuis 30 ans.
Et France Info, la plus sévère sur la récupération, a aussi relevé la retenue de Marine Le Pen.
D'ailleurs, Marine Le Pen prend beaucoup de hauteur, de recul lors de cette séquence.
Qui a eu la parole
C'est l'écart le plus simple à mesurer. Du samedi 17 au vendredi 23 octobre au matin, CNews a reçu en plateau ou en duplex 9 responsables du RN, et aucun de LFI. BFM TV en a reçu 11 du RN et 2 de LFI. LCI (8 et 7) et France Info (5 et 5) sont les seules à avoir donné la parole aux deux partis à peu près à égalité.
Responsables du RN et de LFI reçus en plateau ou en duplex, du 17 au 23 octobre (personnes distinctes)
Sur CNews, les insoumis ne s'expriment donc qu'à travers des messages lus à l'antenne ou des extraits, de l'Assemblée ou d'autres médias, sans pouvoir répondre en plateau aux critiques. Les responsables du RN, eux, y ont débattu presque chaque jour, de Michaël Taverne le samedi à Sébastien Chenu le vendredi matin, en passant par Jordan Bardella, invité de la grande interview du lundi.
Sur toutes les chaînes en revanche, dans les interviews que nous avons relues, les questions ne sont pas les mêmes selon le parti. Les invités du RN sont interrogés comme des juges de l'action du gouvernement, ou comme les représentants d'un parti qui pourrait gouverner. Ceux de LFI sont d'abord interrogés sur leur responsabilité, ou sommés de se justifier.
| Invité | Chaîne | Question posée |
|---|---|---|
| RNJordan Bardella | CNews et Europe 1 lundi 19, 8 h 10 | « Est-ce qu'Emmanuel Macron aurait dû accepter la démission que Laurent Nuñez lui a remise hier, après le fiasco sécuritaire des derniers jours ? » |
| RNAleksandar Nikolic | CNews dimanche 18, L'Heure des Pros | « Je vais vous donner une minute pour apporter des solutions parce qu'en fait, on n'a pas besoin de commenter. Quelles sont les solutions ? » |
| RNSébastien Chenu | CNews et Europe 1 vendredi 23, 8 h 10 | « Est-ce que ce matin vous pouvez rassurer vos militants, les militants du RN ? Vous leur dites venez à Orléans, vous ne craignez rien ? » |
| RNLaure Lavalette | BFM TV mardi 20, 16 h | « Est-ce que, selon vous, les réponses qui sont apportées par le gouvernement cet après-midi sont à la hauteur ? » |
| RNJordan Bardella | BFM TV mardi 20, 21 h 45 | « Est-ce que la fermeté que vous réclamiez, finalement, est là ce soir ? » |
| RNGaëtan Dussausaye | LCI lundi 19, 9 h 35 | « Marine Le Pen, présidente, pourquoi est-ce que le maintien de l'ordre se passerait différemment ? Vous feriez quoi de différent ? » |
| RNMarine Le Pen | France Info mercredi 21, 8 h 30 | « Est-ce que vous avez le sentiment que le pays est commandé ? » |
| LFIJean-Luc Mélenchon | LCI dimanche 18, 18 h 40 | « Vous êtes aujourd'hui directement mis en cause par le gouvernement, Laurent Nuñez, le premier. » |
| LFIMathilde Panot | LCI mardi 20, 8 h 25 | « celles aussi qui vous sont directement adressées, on vient de l'entendre, depuis samedi, elles fusent de presque l'ensemble de la classe politique. » |
| LFIManuel Bompard | France Info mardi 20, 8 h 30 | « Vous avez eu honte en voyant ces images ? » |
| LFIÉric Coquerel | France Info mercredi 21, 7 h 40 | « Vous dites que c'est une punition collective, mais est-ce que ce n'est pas finalement le prix à payer pour faire redescendre la pression ? » |
| LFIManuel Bompard | BFM TV jeudi 22, 8 h 45 | « Qu'est-ce que vous reprochez à ceux qui vous disent que vous maniez l'ambiguïté, que vous maniez un double langage ? » |
La différence de traitement entre les deux partis n'est d'ailleurs pas propre aux chaînes. Sur LCI, un commentateur la relève dans l'attitude du ministre de l'Intérieur face aux députés, mardi aux questions au gouvernement.
Il y a quand même les méchants et les voyous qui sont de la France insoumise, et puis il y a ceux avec qui on peut parler, qui sont le Rassemblement national.
Les mots pour le dire
Le vocabulaire dit aussi quelque chose des chaînes. Sur CNews, « extrême gauche » revient 56,1 fois par million de caractères transcrits, et « extrême droite » 7,8 fois : sept fois moins. Sur France Info, les deux expressions reviennent à la même fréquence (18,7 et 19,9). BFM TV parle trois fois plus d'extrême gauche que d'extrême droite, LCI deux fois plus.
« Extrême gauche » et « extrême droite » à l'antenne, du 17 au 23 octobre (occurrences par million de caractères transcrits)
L'actualité y est pour beaucoup : il était question de groupes d'ultragauche, pas d'ultradroite. Mais l'écart entre chaînes, du simple au triple pour « extrême gauche », tient aussi à la façon de désigner le camp de chacun.
Avant et après le 17 octobre
Notre page Présidentielle mesure en continu le ton des chaînes envers chaque candidat, tous sujets confondus. Elle permet de voir ce que le 17 octobre a changé. Pour Jean-Luc Mélenchon, la part de mentions négatives a augmenté sur les quatre chaînes : de 30,5 % à 46,7 % sur BFM TV, de 22,9 % à 40,1 % sur France Info. Pour Marine Le Pen et Jordan Bardella, elle a baissé partout.
Part des mentions négatives, du 1er septembre au 16 octobre puis du 17 au 23 octobre (en %, tous sujets)
CNews était déjà la plus critique envers Jean-Luc Mélenchon avant le 17 octobre (43,1 % de mentions négatives). Les autres chaînes s'en sont rapprochées. L'écart entre CNews et France Info sur ce candidat est passé de 20 points à 12.
Alors, complaisance ou acharnement ?
À charge contre LFI : CNews, sans ambiguïté. C'est la seule chaîne où la critique de LFI domine chaque jour, avec 15 mentions négatives pour une positive. C'est aussi la seule où les insoumis n'ont jamais été invités à répondre. BFM TV et LCI ont été majoritairement critiques, mais avec des jours plus nuancés et, pour LCI, sept responsables insoumis reçus.
Complaisance envers le RN : aucune chaîne n'en dit majoritairement du bien, mais c'est sur CNews qu'il est le mieux traité. C'est sur CNews que le RN est le moins critiqué, le plus souvent présenté comme le parti de l'ordre et le moins souvent accusé de profiter de la crise. C'est aussi là qu'il a eu la parole sans contradicteur insoumis. BFM TV, qui a reçu 11 responsables du RN pour 2 de LFI, a elle aussi largement ouvert son antenne au RN, mais avec un ton plus critique.
Complaisance envers LFI : aucune chaîne. France Info est la chaîne qui laisse le plus de place à la défense des insoumis : 16 % des mentions les présentent comme injustement visés, contre 3 % sur CNews. Elle rappelle aussi le plus souvent l'intérêt du RN dans la crise. Mais elle reste nettement plus critique envers LFI qu'envers le RN. C'est la chaîne où l'écart de traitement entre les deux partis est le plus faible.
Ces chiffres ne disent pas si les critiques sont fondées : ils mesurent un ton. Une partie de l'écart entre LFI et le RN tient aux faits de la semaine, puisque ce sont des propos d'élus insoumis qui ont été au centre du débat. L'écart entre les chaînes, lui, tient à leurs choix : qui inviter, quelles questions poser, quels mots employer.
Méthode et limites
Les transcriptions et le classement des phrases sont automatiques. Nous avons relu plusieurs centaines de phrases classées : le classement est juste dans la grande majorité des cas, mais il se trompe parfois sur l'ironie, ou sur une phrase neutre placée dans un contexte très polémique. Ces erreurs touchent toutes les chaînes de la même façon et ne changent pas l'ordre des résultats. Les citations de cet article ont été retrouvées mot pour mot dans nos transcriptions ; seuls des noms mal transcrits ont été rétablis. Elles n'identifient pas la personne qui parle, sauf dans le tableau des questions d'interview.
Les événements diffusés en direct par plusieurs chaînes à la fois, comme les questions au gouvernement ou les conférences de presse, ne représentent que 3 % des mentions : ils ne changent pas les résultats. Les invités ont été comptés à la lecture des transcriptions, à partir de la présentation de l'invité et des questions qui lui sont posées. Les conférences de presse, les déclarations et les rediffusions de nuit ne sont pas comptées, ni les anciens membres de LFI. Un invité dont le nom aurait été mal transcrit a pu nous échapper. Pour CNews, le samedi 17 et le dimanche 18 au matin reposent sur les émissions mises en ligne par la chaîne ; les heures de diffusion n'y sont pas connues.
Voir aussi notre article sur la journée du 17 octobre et ses violences, et nos analyses du traitement de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen et Jordan Bardella par les chaînes d'infos.
Source à citer : VigiNews, vigi.news. Les extraits sont des transcriptions automatiques de propos tenus à l'antenne ; ils peuvent contenir des erreurs de transcription et n'identifient pas la personne qui parle.